Alain Biltereyst: a visual firework—compact, precise, and bursting with ideas
REVIEW
ALAIN BILTEREYST, MAGENTA
Xippas
17.01.2026 → 28.02.2026
5/5 ❤️🔥❤️🔥❤️🔥❤️🔥❤️🔥
— ENGLISH (PUIS FRANÇAIS) —
“Magenta”, the current exhibition by Alain Biltereyst at Xippas Paris, was an unexpected and thrilling surprise. I walked in almost by chance, with no prior familiarity with the artist, and walked out thinking it was one of the best gallery shows I’ve seen in quite a while.
The premise sounds almost brutal: very small formats (around 23 × 18 cm), strict geometry, and a tightly reduced palette. These are exactly the kinds of constraints that usually flatten a body of work into polite variations. Here, the opposite happens. Each piece feels sharper, smarter, and more inventive than the last. Every painting is its own little discovery, like a visual firework—compact, precise, but bursting with ideas. Just when you think you’ve seen everything that can be done within this framework, the next work opens up a new possibility.
What makes this even more compelling is how unpretentious the whole exhibition feels. Biltereyst draws inspiration from contemporary design—truck graphics, car markings, industrial color codes—and filters them through a language that sits somewhere between concrete art and everyday visual culture. If I were to call it anything, it would be a pretentious meta-concrete, a concrete interpretation of another concrete interpretation. But I’m going to stay true to the feel of the show and shut up.
Either way, blue, white, and red dominate, while the titular “magenta” is almost entirely absent (albeit it is used as a base color in his process, and peaks out sporadically through the chipping of backgrounds). The title refers instead to Boulevard de Magenta, a familiar route for the Belgian artist when arriving in Paris. It’s casual, anecdotal, and refreshingly un-theoretical.
The works are painted on thick wooden panels, and the depth—about two centimeters—really matters. The paintings feel almost sculptural, like objects rather than images. You sense an artist genuinely playing, asking himself how far he can push reinvention with minimal means. There’s no visible desire to belong to a specific movement, no cold mathematical rigidity. What comes through instead is curiosity, pleasure, and intelligence.
If I could have bought one, I would have. Without hesitation.
— FRANÇAIS —
Magenta, l’exposition actuelle d’Alain Biltereyst à Xippas Paris, a été une surprise aussi inattendue qu’enthousiasmante. J’y suis entrée presque par hasard, sans connaître le travail de l’artiste, et j’en suis ressortie avec la conviction d’avoir vu l’une des meilleures expositions en galerie depuis longtemps.
Le dispositif paraît presque radical : des formats très réduits (environ 23 × 18 cm), une géométrie rigoureuse et une palette volontairement restreinte. Autant de contraintes qui, bien souvent, finissent par lisser un ensemble de œuvres en variations sages et prévisibles. Ici, c’est exactement l’inverse. Chaque pièce est plus vive, plus fine, plus inventive que la précédente. Chaque peinture est une découverte en soi, un petit feu d’artifice visuel : compact, précis, mais chargé d’idées. À peine a-t-on le sentiment d’avoir fait le tour du possible qu’une nouvelle œuvre relance le jeu.
Ce qui frappe aussi, c’est l’absence totale de prétention. Biltereyst s’inspire du design contemporain — graphismes de camions, marquages automobiles, codes chromatiques industriels — et les traduit dans un langage qui se situe quelque part entre l’art concret et la culture visuelle du quotidien. Si je voulais absolument qualifier cette démarche, je l’appellerais « méta-art concret » : une sorte d’interprétation concrète d’une autre interprétation concrète. Mais pour rester fidèle à l’esprit de l’exposition, je m’arrête volontiers avant de m’avancer.
En tout cas, les couleurs bleu, blanc et rouge dominent, tandis que le « magenta » du titre est presque absent — même s’il intervient comme couleur de fond dans le processus et affleure parfois à travers les éclats et les usures des surfaces. Le titre renvoie plutôt au boulevard de Magenta, passage familier de l’artiste belge lorsqu’il arrive à Paris. Une référence simple, presque banale, qui donne le ton : direct, sans emphase, résolument anti-théorique.
Les œuvres sont peintes sur des panneaux de bois épais, et cette épaisseur — environ deux centimètres — est essentielle. Les peintures ont une présence presque sculpturale ; ce sont des objets autant que des images. On sent un artiste qui joue réellement, qui explore, qui se demande jusqu’où il peut aller avec très peu de moyens. Aucun désir manifeste d’appartenir à un courant, aucune froideur analytique. Ce qui s’impose, c’est la curiosité, le plaisir et une intelligence visuelle très libre.
Si j’avais pu en acquérir une, je l’aurais fait. Sans la moindre hésitation.











